2011

 

Sommaire

Jean During, Du sillon du disque aux replis de la mémoire : Le cas de l’Asie intérieure

Frédéric Billiet, Le chant des moines de Solesmes : Un siècle d’enregistrements

Ali Jihad Racy, Sound Recording in the Life of Early Arab-American Immigrants

Nidaa Abou Mrad, Unité sémiotique de la qaṣīda à répons chez Yūsuf al-Manyalāwī

Sasan Fatemi, Le mawrigi de Boukhara : Une musique de fête d’origine iranienne en Asie centrale

Francis Gayte, hymne Φῶς ἱλαρόν [Fōs Ilarōn]

Éditorial

Faisant suite au numéro 4, consacré au sujet des « 3es rencontres musicologiques de l’Université Antonine (juin 2010) : Un siècle d’enregistrements, matériaux pour l’étude et la transmission » , ce numéro comprend six nouveaux articles s’inscrivant dans la même thématique, telle que formulée par François Picard : « Il s’agit de voir les usages des enregistrements, tout particulièrement ceux publiés, à la fois pour la musicologie (étude des musiques), pour la transmission des musiques (les musiques non écrites ne sont plus depuis un siècle des musiques de l’éternel présent ethnologique), et pour l’ethnomusicologie (étude de l’usage des enregistrements) ».

Deux groupes se dessinent parmi ces articles en fonction du champ investigué. Le premier explore les rapports généraux que l’enregistrement entretient avec la tradition (transmission et/ou contenu) : Jean During propose ainsi une modélisation de la relation dialectique existant entre les traditions d’Asie intérieure et leur inscription sur support écrit et/ou sonore. De même, Frédéric Billiet se penche sur la diffusion par le disque de la tradition du chant grégorien telle qu’elle est réactualisée/réinventée au XXe siècle par les moines de Solesmes. Ali Jihad Racy, quant à lui, étudie les débuts du processus de greffe des traditions musicales arabes sur le continent américain, à l’aune des enregistrements 78 tours réalisés par la diaspora levantine.

Le deuxième groupe d’articles propose des analyses centrées sur des corpus traditionnels enregistrés particularisés : ainsi Nidaa Abou Mrad présente-t-il une analyse sémiotique de la forme de qaṣīda dotée d’un répons, à partir des enregistrements 78 tours du maître du genre, le šayḫ Yūsuf al-Manyalāwī (1847-1911), dont la fondation AMAR publie une réédition intégrale des enregistrements, à l’occasion du centenaire de sa disparition et à la mémoire duquel ce numéro de la RTMMAM est dédié. Sasan Fatemi, pour sa part, réalise une analyse du mawrigi, musique de fête des réunions masculines de Boukhara, aux origines liées à une minorité chiite allochtone et qui s’est adaptée au goût autochtone turkmène. Quant à Francis Gayte, il investigue les enregistrements des avatars musicaux monodiques et polyphoniques de l’antique hymne chrétienne Φῶς ἱλαρόν, en quête de clivages et de convergences entre différentes aires géoculturelles.

Nidaa Abou Mrad
Rédacteur en chef